Chatard — l’argentique brut s’expose à L’Annexe
Exposition en cours · L’Annexe Gris Souris · Lyon
Reportage de rue, scène queer & techno, portraits sous pellicule : le photographe Chatard, « rat de laboratoire » chez Gris Souris, accroche ses tirages argentiques aux murs de L’Annexe.
Presque dix ans qu’il apprend la photo à la dure, seul, sur des boîtiers mécaniques et des pellicules qu’il développe lui-même. De la rue en colère aux backstages des nuits techno, Chatard photographie ce qui bouge — et le tire en argentique, du premier déclic jusqu’au papier. Pour sa première grande accroche lyonnaise, il investit L’Annexe : quatre séries, un fanzine, et beaucoup de grain.
Le photographe
Arrivé à Lyon en 2019, Chatard démarre la photo en autodidacte dès 2017, « de la théorie à la pratique sur un Pentax MX de la fin des années 70 ». Chargé de communication en usine, buraliste, puis photographe de la scène queer et techno lyonnaise : il apprend en photographiant tout, tout le temps.
En novembre 2025, première exposition et sortie de son tout premier fanzine, DESTROY — autoédité, autoproduit, relié et distribué à la main. En 2026, il pose ses cuves au labo Gris Souris. Adepte des 35 mm tout mécaniques (Pentax, Zenit), du moyen format Mamiya RB67 et même de la caméra 16 mm (Bolex, Beaulieu), il aime le noir et blanc bien contrasté, développé maison au Rodinal, au D-76 ou au Tetenal — bain-marie dans l’évier de la cuisine.
Autoportrait sous-exposé, 2019. Ektar 100, Mamiya RB67 ProSD.
« Chaque week-end, jour de grève ou de mobilisation, j’allais me faire la main — et l’œil — à l’argentique au milieu du grabuge urbain. »CHATARD
Quatre séries

Gilets jaunes, retraites, 1er Mai, manifs antifascistes : Chatard couvre les mouvements sociaux « comme d’autres totographes, reporters sans prétention ni carte de presse, autant là pour photographier que pour militer ». Des clichés pris sous adrénaline et gaz lacrymogène, au 50 mm, sur pellicules pro développées maison une fois rentré.

De fin 2021 à fin 2023, l’après-COVID lui ouvre les backstages du Ninkasi Gerland, du Transbordeur, du Sucre et d’autres scènes, au fil des soirées techno et queer. Ses premiers contrats pro — et la matière de son fanzine DESTROY, « collaboratif, éthique, militant et engagé ». Ou, comme il l’écrit : « ici, on fait de la critique sociale ».

À force de pratique, on lui confie des shootings : modèles queer, drag, groupes de musique indé, maquilleur·ses. Ici la lumière se dirige, rien n’est laissé au hasard — sauf la spontanéité de l’instant où il déclenche. Des rencontres nées au jeu des destins croisés, du bouche-à-oreille, « deux visions de l’art qui deviennent complémentaires ».

Une série faite « uniquement de photos prises là où je trimballais mes appareils, et non là où mes appareils me trimballaient ». Le plaisir brut de déclencher — et le prétexte à maîtriser chaque étape du process argentique : prise de vue, développement, scan, tirage.
Au programme
Reportage urbainPerformances queerPhotoshootVente du fanzine DESTROYDéveloppement argentique maisonClips VHS & 16 mm ciné
Infos pratiques
Lieu : L’Annexe Gris Souris — Lyon (studio, labo N&B, ateliers & espace d’exposition)
Dates : exposition en cours, ouverte depuis le 24 juillet 2026 (vernissage le 31 juillet)
Artiste : Chatard — photographe argentique · Entrée libre, tirages & fanzine sur place
Photographies © Chatard — reproduites avec l’aimable autorisation de l’artiste. Développement, scan & tirage argentique à Lyon depuis 1984 — DESTROY
